La Calédonie, territoire d’innovation majeur

Gouvernement et porteurs de projets étaient réunis pour annoncer l’heureuse nouvelle.
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« Comment faire de la préservation de la biodiversité calédonienne un moteur de croissance dans le Pacifique, avec le Parc naturel de la mer de Corail comme vitrine ». C’était l’intitulé du dossier déposé, “à l’arrache”, en septembre 2017 par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui répondait à un “appel à manifestation d’intérêt”, lequel conduira à accompagner financièrement l’ingénierie de 24 projets pour 117 candidats. « Lorsque nous co-présidions le comité de gestion du Parc naturel de la mer de Corail, la question était de savoir comment financer tout ce qui relève de la protection de cette immense zone de 1,3 million de km2, se souvient Philippe Germain, membre du gouvernement aujourd’hui notamment en charge de la gestion et la mise en valeur du parc. Nous avons alors lancé l’idée de faire de la préservation de la biodiversité un nouveau modèle économique ».

Seul lauréat outre-mer

Le gouvernement se tourne bientôt vers l’appel à projets baptisé à l’époque “TIGA” (Territoires d’innovation de grande ambition), un nom forcément prédestiné… « Mais on nous a dit que le projet était trop ambitieux… » La Nouvelle-Calédonie  va donc se démener, à tous les niveaux de l’État, être “repêchée”, pour devenir aujourd’hui le seul territoire lauréat hors France métropolitaine du nouvel appel à projets “Territoires d’Innovation” lancé le 23 novembre 2018. Une belle récompense pour un dossier porté par le gouvernement, conçu en partenariat avec les scientifiques du Consortium pour la recherche, l'enseignement supérieur et l'innovation en Nouvelle-Calédonie (Cresica), les acteurs du cluster maritime et de l’économie numérique – sociétés établies ou start-up –, les institutions, l’Adecal Technopole et le comité de gestion du Parc naturel de la mer de Corail.

La démonstration d’une œuvre collective

« Lorsque le cluster a été contacté pour TIGA, il a su répondre présent car nous représentions déjà un tissu économique capable, tant au niveau des instituts de recherche que des opérateurs privés, de proposer des projets », témoigne Philippe Darrason, président du cluster maritime. « La Nouvelle-Calédonie a la chance d’avoir à la fois une biodiversité exceptionnelle reconnue dans le monde entier et des organismes de recherche de très grande qualité, se réjouit pour sa part Thierry Santa, président du gouvernement. Avec la combinaison des deux, j’ai bon espoir qu’elle devienne moteur en matière d’innovation et de valorisation ».
« Si la Nouvelle-Calédonie a passé les différentes étapes de la sélection, c’est qu’elle a su faire la démonstration d’une œuvre collective associant pouvoirs publics et porteurs de projets économiques, affirme Laurent Prévost, haut-commissaire de la République. Aujourd’hui commence le deuxième temps, celui de la réalisation des projets. Nous avons cinq ans pour les porter, ce qui va demander de ne pas perdre la dynamique et d’être bien en phase avec la Banque des territoires ». Et, se voulant rassurant : « L’État est pleinement engagé à vos côtés pour que ce projet Territoires d’Innovation prenne sa pleine mesure et contribue à valoriser l’image de la Nouvelle-Calédonie ».

 

 

 

Subventions et prises de participation
La Nouvelle-Calédonie est lauréate pour 14,8 millions d’euros, soit 1,76 milliard de francs CFP se scindant en deux parties :
- des subventions, fixes, d’un montant de 6,1 millions d’euros, ou 728 millions de francs CFP ;
- des prises de participation de l’État dans les sociétés qui seront créées, à hauteur de 8,7 millions d’euros, soit plus d’1 milliard de francs, une somme pouvant être réévaluée « en fonction des projets qui viendraient s’agglomérer autour du noyau dur sélectionné », comme le rappelle le haut-commissaire.

Créée en 2018, la Banque des territoires – l’un des cinq métiers de la Caisse des dépôts –conventionnera dans un premier temps toutes les opérations légitimées par une demande de subvention, puis instruira à partir du premier semestre 2020 chaque projet d’investissement, de création de société ou d’augmentation de capital, sur les sujets les plus matures.

Quelques-uns des projets

- Activités d’observation : flotte permanente de drones sous-marins autonomes, hub de données géospatiales, premier câble intelligent au monde entre Nouvelle-Calédonie et Vanuatu, doté de capteurs environnementaux pour mieux suivre les changements climatiques et mettre en place des systèmes d’alertes des aléas naturels, etc.
- Filières économiques contribuant à la préservation/valorisation de la biodiversité : plate-forme analytique biotechnologies mutualisée, plate-forme de production pilote pour identifier de nouveaux actifs végétaux à forte valeur ajoutée dans les plantes calédoniennes, développer les outils d’éco-extraction innovants en ciblant les secteurs de la cosmétique et de l’agroalimentaire…, ferme de production de spiruline marine (microalgues), etc.
- Mise en place des conditions du changement : une « Cité de la connaissance » pouvant accueillir un espace d’exposition itinérante, une structure de développement pour projets et entreprises innovantes, des scientifiques…, un espace de coworking dédié au numérique, une ferme corallienne à Lifou, une unité industrielle de valorisation énergétique des déchets plastiques créatrice d’électricité injectée dans le réseau, la valorisation des déchets de poissons générés par la pêche palangrière, le recyclage des bateaux de plaisance en fin de vie, etc.

Accélérer la transition
« Territoires d’Innovation » est une action du Grand Plan d’Investissement, adossée à la troisième vague du Programme d’investissements d’avenir (PIA) piloté par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) et destinée à financer des investissements innovants, afin de permettre à la France d’augmenter son potentiel de croissance et d’emplois. L’État soutient les 24 territoires lauréats à hauteur de 450 millions d’euros (53,55 milliards de francs) : 150 millions de subventions (17,85 milliards de francs) et jusqu’à 300 millions (35,7 milliards de francs) de prises de participation de l’État. L’objectif est d’accélérer les grandes transitions sur des territoires pilotes (territoires ruraux, villes moyennes et territoires d’industrie) à travers, par exemple, la réduction de la consommation d’énergie et du tonnage de déchets, le développement de nouvelles formes de mobilité ou encore le déploiement de nouvelles solutions numériques au bénéfice des populations.

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