De Numbo à Port Numbo

Christopher Gygès, en baie de Numbo, aux côtés du pilote du groupe Synergie Numbo, Alain Giraud.
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Historiquement tournée vers les activités navales, la baie de Numbo réunit aujourd’hui plus d’une vingtaine d’entreprises spécialisées dans l’entretien et l’hivernage de bateaux de plaisance ou professionnels, la construction navale, l’exploitation de chalands pour le transport de minerai, la mécanique marine ou encore les travaux sous-marins. Parmi ces sociétés, treize adhèrent au cluster maritime de la Nouvelle-Calédonie et participent à son groupe de travail Synergie Numbo dédié à l’avenir de la baie. Un groupe qui, selon son pilote Alain Giraud, « rassemble les acteurs autour d’un projet économique qui vise à aménager la baie pour en faire une véritable zone de chantiers navals à l’échelle régionale. » 

10 hectares gagnés sur la mer

Plan à l’appui et embarqué sur un petit bateau, Christopher Gygès a eu l’occasion de découvrir ce projet d’envergure. Port Numbo prévoit, en effet, la construction d’un îlot artificiel en remblai d’environ 10 hectares qui pourrait accueillir « les infrastructures portuaires qui nous font cruellement défaut aujourd’hui et qui pourraient être mutualisées », a souligné le pilote de Synergie Numbo. À savoir : une aire de carénage, un secteur réservé au démantèlement des navires en fin de vie, un système de levage (grue mobile ou autre), une cale à sec, des ateliers, etc. Une vaste zone de mouillage est également envisagée derrière ce terre-plein, à l’abri du vent.

Le remblai pourrait être créé au sud-ouest de la baie.
Le remblai pourrait être créé au sud-ouest de la baie.

 

Une économie à développer

« Port Numbo a l’ambition de proposer davantage d’offres et de confort aux plaisanciers calédoniens, comme aux touristes étrangers qui sont un millier à croiser chaque année dans nos eaux, a argumenté Alain Giraud devant le membre du gouvernement. Nous aurions la capacité d’effectuer les travaux de maintenance de grands bateaux, tels que le Betico ou les navires de la Marine, qui doivent se rendre en Australie ou en Nouvelle-Zélande pour effectuer leurs carénages. »
À la clé : davantage d’activité pour ces entreprises, des créations d’emplois et l’occasion de booster les formations aux métiers liés à la mer. Et pour assurer sa compétitivité, « Port Numbo pourrait bénéficier du statut de zone franche, a plaidé le pilote du groupe de travail. Il nous permettrait de proposer des prix suffisamment attractifs pour attirer une clientèle régionale nouvelle. »

À défaut de poser la première pierre du projet, Christopher Gygès a reçu la première bouée de Port Numbo.
À défaut de poser la première pierre du projet, Christopher Gygès a reçu la première bouée de Port Numbo.

 

« Donner l’impulsion politique »

Au cours de cette rencontre, Christopher Gygès a également entendu les témoignages de plusieurs gérants de sociétés implantées dans la zone et impliqués dans le projet, unanimes quant aux bénéfices que ces aménagements pourraient apporter à leurs activités. À l’issue de la visite, le membre du gouvernement séduit par le projet, a affirmé sa volonté de « donner à Port Numbo l’impulsion politique » nécessaire afin de lancer les études d’avant-projet sommaire. Ainsi, « des fonds, confirmés récemment par l’État dans le cadre des rallonges aux contrats de développement, seront consacrés à ce projet, a-t-il annoncé aux porteurs de projet. Et un comité de pilotage réunissant les collectivités concernées, le cluster maritime et le groupe Synergie Numbo sera mis en place d’ici à la fin de l’année ».
Un « message d’espoir » accueilli avec plaisir et satisfaction par l’ensemble des membres du cluster maritime.

 

La visite s’est déroulée en présence de représentants de la province Sud, du cluster maritime et de plusieurs entreprises installées dans la baie.
La visite s’est déroulée en présence de représentants de la province Sud, du cluster maritime et de plusieurs entreprises installées dans la baie.