État des lieux sur l’illettrisme

Il existe en Nouvelle-Calédonie deux sources pour évaluer l’illettrisme et les difficultés de lecture chez les jeunes (16-25 ans) : l’enquête Information vie quotidienne (IVQ) réalisée par l’ISEE en 2013, et les tests de lecture et de compréhension des Journées défense et citoyenneté (JDC), organisés tout au long de l’année par le Service national.

En 2016, en Nouvelle-Calédonie, parmi les 4 671 jeunes ayant participé à la JDC, un sur trois rencontre des difficultés dans le domaine de la lecture (33,1 %). Pour la moitié d’entre eux, ces difficultés se révèlent sévères. Au final, plus d’un jeune sur six (18 %) peut donc être considéré en situation d’illettrisme, un taux 3,5 fois plus important qu’en Métropole. Pourtant, entre 2007 et 2012, le taux d’illettrisme sur le territoire était passé de 13,8 % à 6,3 % avant que le protocole d’évaluation ne soit complètement modifié afin d’être plus discriminant.

En effet, en 2013, avec l’introduction d’une nouvelle technologie (une télécommande est désormais utilisée pour saisir les réponses dans un temps limité), le taux d’illettrisme connaît un rebond spectaculaire (17,8 %), ce qui empêche la comparaison avec les taux enregistrés les années précédentes. En revanche,  depuis cette date, le taux d’illettrisme n’a quasiment pas évolué (+0,2 points).

Toutefois, si un jeune Calédonien sur trois a une maîtrise fragile de la lecture, 54,6 % sont considérés comme des lecteurs efficaces. En règle générale, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons : environ six sur dix sont des lectrices efficaces (contre cinq sur dix pour les garçons). Par ailleurs, les performances en lecture progressent avec le niveau d’études : en moyenne, les jeunes n’ayant pas dépassé le niveau collège auront une probabilité 7 fois plus importante de rencontrer des difficultés de lectures aux tests de lecture des JDC que les jeunes ayant atteint le niveau d’un lycée général ou de l’enseignement supérieur.

Enfin, la lecture géographique par centre d’examen met en lumière une inégalité spatiale de la répartition des illettrés en Nouvelle-Calédonie. Cette « cartographie » de l’illettrisme est un outil supplémentaire au service du pilotage de la lutte contre l’illettrisme pouvant se définir comme « un ensemble de mesures pour permettre aux personnes en difficulté de réapprendre, de renouer avec la culture de l’écrit, avec les formations de base » (ANLCI, 2010).

« On parle d’illettrisme pour des personnes qui, après avoir été scolarisées en France, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul, des compétences de base, pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. À différencier de l’analphabétisme, qui désigne des personnes qui n’ont jamais été scolarisées. »
Source : Agence nationale de lutte contre l’illettrisme.
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